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À deux reprises, Le Bulletin célinien a vainement tenté de faire apposer une plaque commémorative rue Girardon, à Montmartre. Ce qui n’est pas possible à Paris l’est manifestement en province. Depuis plusieurs années, il existe une plaque à Camaret sur la façade d’une maison où il arrivait à Céline de séjourner l’été. Désormais, il existe une plaque dans une autre ville bretonne : Monfort-sur-Meu. Elle est due à l’initiative du Professeur Charles-Antoine Cardot. C’est en 1924 que le jeune Louis Destouches remplaça son père, le docteur Charles-Henri Cardot. La plaque est apposée sur la façade de la bâtisse familiale : « Dans cette maison, en mai-juin 1924, remplaçant le Dr Cardot, le Dr Destouches (futur Céline) a exercé la médecine » ¹ . Autre hommage, non officiel, que celui d’une « Rue Louis-Ferdinand Céline » initiée – évidemment sans l’aval des autorités municipales – par un fervent célinien, Léon Chicot, dans le village de Tréjouls, en Quercy blanc (Tarn-et-Garonne). Voir en couverture.

C’est un plaisant Dictionnaire égoïste de la littérature française de près d’un millier de pages que Charles Dantzig nous propose ². Hélas, en ce qui concerne Céline, sa vision est exactement la même que celle de Malraux qui comparait jadis sa verve à celle d’un chauffeur de taxi mal embouché.  C’est ne pas voir que Céline est un précieux et un lyrique, assez éloigné finalement du langage de la rue qu’il transforme et transcende.

Les métaphores musicales faisant référence au jazz sont nombreuses chez Céline. Jacques Aboucaya, biographe de Paraz, a écrit douze nouvelles épatantes où le jazz est précisément le fil rouge. Humour, fantastique  et  fantaisie  sont  ici  au  rendez-vous,   pour   le   bonheur du lecteur ³.

Dans un amusant article, intitulé « À la table de Louis-Ferdinand Céline », Franck Nicolle évoque ses goûts mais surtout ses dégoûts pour la « bouffe » et l’alcool. Céline ascète ? Certes. La nourriture ne l’a jamais passionné. Cela étant, l’auteur eût pu signaler cette observation de Paul Marteau qui invita Louis et Lucette chez Marius en 1951, à leur retour de Menton : « Jambon, saucisson, salade, tomates et concombres, homard à l’américaine, ravis ils mangent de tout. Beaujolais, lui boit 2 ½ bouteilles de Badoit, fromage et eux prennent des framboises à la crème qu’ils mangent avec volupté » 4  . L’ascétisme a ses limites.

  1. Voir Charles-Antoine Cardot, « Céline et Montfort-sur-Meu, 1918-1957 », Le Bulletin célinien, n° 222, juillet-août 2001, 24 pages. Prix : 6 euros, franco.
  2. Charles Dantzig, Dictionnaire égoïste de la littérature française, Grasset, 2005.
  3. Jacques Aboucaya, Dernières nouvelles du jazz, L’Âge d’Homme, 2005.
  4. Journal inédit de Paul Marteau, cité par François Gibault in Céline, tome III, Mercure de France, 1981, p. 263. L’article de Franck Nicolle est paru dans le numéro de Rivarol du 30 septembre.